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Etape n°5 - Goyave

Guadarun 2012 - Gwada Lanta, l’épopée de nos héros
jeudi 3 mai 2012 par Sandrine

Le chant des grenouilles nous a bercés toute la nuit, une berceuse atypique qui nous a plongés dans un profond sommeil…

Un peu comme dans un rêve, au petit matin, les yeux se sont ouverts sur ce jardin d’eau.


Vendredi 13 avril

La fatigue aidant, nous avons dormi comme des bébés, et, heureusement que Natacha est venue gratter à notre tente pour nous réveiller, sinon, nous y serions encore !!

Je suis heureuse qu’aucune photo n’ait été faite dès la sortie des tentes, cela aurait pu rivaliser avec la galerie des petites horreurs ….

Je vous passe les détails, mais avec la fatigue cumulée de la semaine, c’est du genre marque de l’oreiller sur la joue, yeux cernés, et cheveux en bataille, oui mais quand on est Guadarunner, c’est le dur prix à payer !!

Bref, nous mettons un pied dans l’herbe humide, ça change du sable blanc et des coquillages …

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La découverte du paysage entourant notre dernier bivouac est une réelle et belle surprise, nous sommes entourés d’une flore exotique riche et variée, la végétation offre un dégradé de verts impressionnant, en contre-bas un étang bordé de variétés tropicales, dégage une zénitude complète….

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La rivière aux galets complète ce tableau de verdure, c’est un petit paradis terrestre !!!

Le petit déjeuner se fait dans cette atmosphère zen, les grenouilles n’ont pas cessé leurs chants de séduction, s’il ne fallait pas prendre le départ de la course, nous serions bien restés là à flâner..

Surtout que l’étape de la journée est annoncée comme super méga difficile !!!

24 Km attendent coureurs et joëlettes, mais attention…12 km de montée dans une monotrace qui sillonne la jungle tropicale, et 12 km de descente par le même chemin boueux….

Tous les anciens Guadarunners, les organisateurs, nous préviennent, ce sera chaud pour aller jusqu’en haut avec les joëlettes, la prudence devra être de mise.

C’est Morgane et Jonathan qui vont s’attaquer à la première partie, dite "roulante", le relais se fera à la lisière de la jungle.

Le départ est donné à 7 h 00.

Daniel notre gentil chef organisateur nous emmène en 4x4 jusqu’au relais prévu, Inès et Gaspard sont en forme et excités de découvrir ces nouveaux paysages luxuriants.

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La grimpée en voiture se fait dans une terre rouge et boueuse, pas la peine de venir ici autre chose qu’en tout-terrain, sous peine de rester embourbé !!

Le dépaysement est total, il y a des fleurs partout sur le long du chemin, des bananeraies, des cocotiers, des plantations de canne à sucre, l’air est empli d’humidité.

Nous doublons prudemment les groupes de coureurs, et rejoignons les joëlettes, ils sont tous en forme, mais ce n’est que le début, et la piste ressemble encore à quelque chose de roulant !!.
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Le 4x4 quitte le chemin peu carrossable, notre point de rendez-vous est là.

Daniel nous désigne la place idéale pour attendre le relais, c’est à dire, au milieu de nulle part, à quelques cent mètres du ravitaillement officiel !!

Nous sommes à la frontière de l’inconnu, de cette jungle qui attire et qui fait presque peur, on imagine la végétation reine en ce domaine, qui pousse et qui repousse, sans jamais aucune relâche !!

La boue est partout, nous ne pourrons donc pas nous asseoir, ni rouler les fauteuils, pas question d’aller se promener, ce sera comme si on attendait le bus à une station….mais un jour de grève !!

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Nous n’avons guère le temps de nous installer que tout notre joli monde arrive déjà, nos warriors ont la tête d’aventuriers qui veulent en découdre avec cette étape de fous !

Jonathan a été transformé en Rambo, camouflé par des traces de boue sur le visage, on croirait un mercenaire !! Même si cela ne lui plaît guère, il les a même prévenus, il va le dire à Domi, et Domi le vengera, non mais !!!

On ne barbouille pas RamboJonathan comme on veut !!

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Morgane a également quelques traces de ce passage en balnéothérapie, mais elle a gardé son sourire …

La jungle et la montée difficile attendent maintenant nos coureurs, Inès et Gaspard vont se transformer en Jane et Tarzan !!

A vous de jouer les chéris, soyez prudents !!

Une averse tropicale nous tombe alors sur le coin du nez, cela n’a rien à voir avec une petite bruine légère, cette fois-ci, c’est une belle ondée avec de l’eau tiède qui déverse du ciel en colère …

Les sacs poubelles recouvrent nos sacs à dos pour les protéger, le parasol fait office de parapluie, et nous nous glissons tous dessous.

Sauf que nous protégeons avant tout nos jeunes aventuriers, et que l’on se retrouve rapidement trempés de chez trempés !!

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Nos maillots sont à tordre, et nous optons finalement pour la solution « Tahiti douche », vous voyez bien l’image là ??

Il ne manque que le gel douche parfum vanille, mais pour le reste, c’est tout comme dans la pub : nous nous retrouvons tous en petite tenue et savourons cette pluie qui nous lave de notre moiteur …

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Nous tentons une chorégraphie de dansons sous la pluie, et cela fait sourire nos gamins !!

Comme toute averse tropicale, cela ne dure pas très longtemps, mais cela a suffi pour inonder notre campement.

Il y a de grosses flaques de cette boue rouge, la végétation est imbibée, l’eau est partout.

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Le temps passe lentement, nous sommes seuls au monde, comme abandonnés de la civilisation lointaine !!

Nous allons tout de même un peu explorer les environs, Angélique part faire quelques photos des bananeraies, Domi, Marie-Christine et moi tentons à tour de rôle une incursion dans la jungle, et comprenons vite ce que doivent vivre les coureurs.

La boue a transformé la monotrace en véritable patinoire !!

Tu fais trois pas, et hop, double pirouette pour se rétablir, Domi m’a dit d’aller 200 mètres plus loin, mais de toutes manières, je ne vais pas aller bien plus loin, je n’ai pas envie de me retrouver les quatre fers en l’air !!

Je savoure juste cet environnement exceptionnel, des arbres immenses dominent de toute leur hauteur, le ciel est caché par toute cette végétation, il fait sombre, les feuilles sont de taille incroyable, je me sens alors toute petite !!

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Je reviens au campement, nous ne savons plus trop que faire pour occuper nos jeunes, aucun coureur n’est en vue et cela nous inquiète…Même les meilleurs tardent à nous montrer leur foulée habituellement agile…

Jonathan s’exprime, il se languit comme il le dit avec son joli accent Marseillais, c’est bien la première fois du séjour qu’il nous dit cela, et nous nous sentons impuissants, Morgane essaie bien de le motiver, en sachant qu’elle s’ennuie certainement un peu aussi.

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Une heure se passe et toujours rien !!

Dans la montée, nous apercevons enfin les visages de concurrents, mais ce ne sont pas les premiers, enfin si, mais les premiers…abandons !!

Ils sont deux ou trois à nous expliquer que cette étape est vraiment très difficile, et ils préfèrent en garder sous la semelle pour la dernière étape.

Cela ne nous rassure pas pour nos joëlettes, nos coureurs, et surtout pour Inès et Gaspard, pourvu que tout aille bien là-haut, au dessus des cimes et des nuages...
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Les premiers arrivent enfin à notre niveau, ils ont mis plus de 2 h à faire cette portion, ce sont des coureurs de haut niveau, des poids plume, et ils ont mis tout ce temps !!!

Nous avons maintenant un repère en terme de chrono.

Le calcul est vite fait, on peut multiplier par 2 ou 3 le temps du premier coureur pour obtenir le prochain passage de la joëlette, il va nous falloir encore patienter quelques deux bonnes heures avant de les revoir !!!

Au fur et à mesure, des nouvelles de nos joëlettes nous sont données par des coureurs qui passent devant nous, et ils nous disent tous la même chose :

’On les a croisés, ils vont bien, mais ce serait normal qu’ils n’aillent pas au bout de la montée, c’est très dur, et ils risquent de mettre un temps fou !!"

Nous n’espérons plus qu’une chose : qu’ils rebroussent chemin pour revenir à nous, frais et souriants !! (pas propres, car vu l’état des autres participants, la gadoue a fait son boulot !!)

L’attente se fait interminable.

Morgane et Jonathan sont patients et sages comme des images, mais à leur visage, nous savons qu’ils n’en peuvent plus d’attendre à ne rien faire.

Au bout de 4 h de patience, les chants de notre première joëlette nous parviennent, ouf, les voici !!!

Je crois que nous n’avons jamais été aussi heureux de voir la troupe de Bichon, avec notre reine de la jungle Inès !!!

Ils ont pris la décision de ne pas aller au bout, et de rebrousser chemin, quelle belle idée, nous les remercions haut et fort.

Inès était fatiguée de cette montée interminable et de cette descente dans la boue glissante, comme on la comprend !!

La puce est une guerrière qui vient de vaincre un Everest !!

La seconde belle idée est de prendre notre Rambo-Jonathan dans la joëlette et de rebrousser chemin pour l’emmener jusque dans la jungle, afin qu’il vive lui aussi ces sensations uniques d’une forêt primaire.

Domi accompagne l’équipe et fait prendre un bain de boue à notre aventurier.

La balnéo étant faite, ils repartent allègrement vers le jardin d’eau, situé à quelques cinq kilomètres de là.

Nous apprenons que la seconde joëlette est certainement partie pour aller jusqu’en haut.

Cela veut dire qu’il nous faudrait encore attendre deux bonnes heures au même endroit avec Morgane....

Le bus n’est pas passé, mais la joëlette non plus.

La décision est prise d’un commun accord, nous demandons à Daniel de nous ramener au bivouac, nous y serons bien mieux pour accueillir Gaspard en héros !

Seules Angélique et Marie-Christine resteront sur place pour assurer les soins infirmiers auprès de nos coureurs si besoin est.

Nous reprenons le 4X4 avec Morgane, Inès et Domi, tandis que Jonathan franchira la ligne d’arrivée triomphalement, sous les hourras des autres concurrents !!

Pilou offre à Morgane un bien joli cadeau : des fleurs qu’il a fraîchement cueillies le long du retour, des oiseaux de paradis, des roses de porcelaine, rien n’est trop beau pour récompenser notre minette qui aura attendu patiemment son tour sans reprendre la joëlette.
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Morgane n’est pas du genre à s’apitoyer, elle est donc ravie de recevoir ce superbe bouquet, digne des plus belles arrivées !!

La joëlette et ses accompagnateurs partent directement à la rivière aux galets pour enlever l’excédent de boue, ce ne sera pas un luxe, car ils sont dans un bel état !!

Nous profitons d’avoir un peu de temps pour nous doucher, plier les tentes, et les ranger pour la DERNIERE fois dans leur housse !!!

Le bivouac c’est terminé, nous passons au grand luxe, ce soir, ce sera hôtel, lit, douche, baignoire, clim’, nous ne réalisons même pas quel bonheur ce sera....

Les barquettes du déjeuner sont servis et nous pique-niquons tous ensemble dans ce cadre superbe et verdoyant.

Alors que nous sommes repus, lavés, frais et dispos, nous entendons les encouragements des Guadarunners qui acclament Gaspard et ses compagnons d’étape.

Ils franchissent les derniers l’arche d’arrivée tant attendue et méritée !!!

7H30 de course pour cette étape de 24 km, cela laisse rêveur et laisse surtout imaginer la difficulté technique !!!

Gaspard a joué au Tarzan dans la jungle profonde, il est éreinté, mais fier et heureux.

Tous vont se doucher et manger, il n’y a pas de temps à perdre car le départ en bus est déjà annoncé, nous allons quitter Goyave et son magnifique jardin d’eau pour Saint-François et le Golf Hôtel.

Adieu les grenouilles et autres oiseaux de paradis, à nous le palace et les lits moelleux !!!

Nous quittons Basse-Terre pour Grande-Terre.

Jonathan a pris place dans le bus à côté de Domi.

Le chauffeur klaxonne, Jonathan sursaute, un peu surpris, mais il guette le "Tuuut" avec plaisir, tout comme il aimait le Pouêt du bateau.

Jonathan est un warrior !!

Le bus nous emmène à Saint-François par la route des plages de rêve, Sainte-Anne entre autres, bordée de palmiers donnant sur une mer azur....

Rien de bien nouveau en quelque sorte !!!

Attention, nous avons pris l’habitude de ne plus voir que des paysages de cartes postales, ceux des posters qui s’affichaient dans ma chambre d’ado, le retour à la réalité risque d’être terrible ....

Je ne veux même pas y penser.

Le bus pénètre dans l’enceinte du Golf Hôtel, des jolis bâtiments, un parc arboré, une piscine, des paillottes, le luxe !!!

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Les clés des chambres sont distribuées, avec télécommande pour la télévision et la clim’, la télé ??? Qu’est ce que c’est donc ????

Une semaine que nous avons déconnecté de la vie réelle, oublié le boulot, les élections, les conflits, il y aurait pu avoir un cataclysme dans le monde, nous n’en aurions rien su !

La chambre est parfaite, spacieuse, très propre, une terrasse donne sur les palmiers, la salle de bains paraît presque trop grande pour nous deux !!!

Pour la première fois depuis une semaine, nous retrouvons une chose que l’on avait oublié et mis de côté : l’intimité.

Finie la douche en maillot de bain, les toilettes à la sauvage, et le matelas qui se dégonfle, nous retrouvons nos réflexes d’hommes civilisés, mais à bien y réfléchir....

Qu’est-ce-que l’on a pu aimer cette vie de bohème et d’aventurier à dormir sur la plage. et se doucher sous les cocotiers...!!

Léger pincement au cœur, cela sent la fin de l’aventure humaine et sportive, demain ce sera la dernière étape, et après-demain dimanche....

Non, je ne veux pas, je veux encore et encore continuer cette vie de saltimbanque de la Guadarun !!

Morgane est plutôt ravie de retrouver le confort d’une chambre d’hôtel, et nous profitons pour lui donner un bain de princesse !!
Mademoiselle barbote et se délasse ....

Il reste deux belles journées à profiter, alors savourons....

J’ai encore de belles pages à noircir pour vous raconter la suite.


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