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Grand corps Malade - Rencontres

samedi 29 mars 2008 par Dominique

Le slam est peut-être un art, le slam est peut-être un mouvement, le slam est sûrement un Moment...
Un moment d’écoute, un moment de tolérance, un moment de rencontres, un moment de partage.

enfin bon, moi je dis ça...
Grand Corps Malade


C’était sur une grande route, j’marchais là d’puis des jours Voire des s’maines ou des mois, j’marchais là d’puis toujours Une route pleine de virages, de trajectoires qui dévient Un ch’min un peu bizarre, un peu tordu comme la vie

Evidemment j’étais pas tout seul, j’avais envie de faire conaissance Y avait un tas d’personnes, et personne marchait dans l’même sens Alors j’continuais tout droit mais un doute s’est installé Je savais pas c’que j’foutais là, encore moins où j’devais aller Mais en ch’min au fil du temps j’ai fait des sacrées rencontres Des trucs impressionnants, faut absolument qu’j’vous raconte Ces personnages qu’j’ai croisé c’est pas vraiment des êtres humains Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main

Tout d’abord sur mon parcours j’ai rencontré l’innocence Un être doux, très gentil mais qui manque un peu d’expérience On a marché un p’tit moment, moins longtemps que c’que j’aurais cru J’ai rencontré d’autres éléments et l’innocence a disparu

Un moment sur mon ch’min j’ai rencontré le sport Un mec physique, un peu grande gueule, mais auprès d’qui tu d’viens fort Pour des raisons techniques on a dû s’quitter c’était dur Mais finalament c’est bien comme ça, puis l’sport ça donne des courbatures

J’ai rencontré la poèsie, elle avait un air bien prétentieux Elle prétendait qu’avec les mots on pouvait traverser les cieux J’lui ai dit, j’t’ai d’ja croisé et franchement tu vaux pas l’coup On m’a parlé d’toi à l’école et t’avais l’air vraiment relou Mais la poèsie a insisté et m’a rattrapé sous d’autres formes J’ai compris qu’elle était cool et qu’on pouvait braver ses normes J’lui ai d’mandé tu penses qu’on peux vivre ensemble, j’crois qu’j’suis accro Elle m’a dit t’inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop

Puis j’ai renconctré la détresse, et franchement elle m’a saoulé On a discuté vite fait mais rapidement je l’ai r’foulé Elle a plein d’certitudes sous ses grands airs plein d’tension Mais vous savez quoi ? La détresse, elle a pas d”conversations

Un moment sur ma route j’ai rencontré l’amour J’lui ai dit tient tu tombes bien, j’veux t’parler d’puis toujours Dans l’absolu t’es une bonne idée mais dans les faits c’est un peu nul Tu pars en couilles une fois sur deux, faudrait qu’tu r’travailles ta formule L’amour m’a dit, écoute petit ça fait des siècles que j’fais mon taff Alors tu m’parles sur un autre ton si tu veux pas t’manger des baffes Moi j’veux bien être gentil mais faut qu’chacun y mette du sien Les humains n’font aucun effort et moi j’suis pas un magicien On s’est embrouillé un p’tit moment et c’est là qu’j’me suis rendu compte Que l’amour était sympa mais que quand même il s’la raconte Puis il m’a dit qu’il d’vait partir, il avait des rendez-vous par centaine Que ce soir il d’vait diner chez sa d’mi soeur : la haine Avant d’partir j’ai pas compris, il m’a conseillé d’y croire toujours Puis s’est éloigné sans s’retourner, c’était les derniers mots d’amour J’suis content d’l’avoir connu, ça j’l’ai bien réalisé Et je sais qu’un d’ces quatre on s’ra amené à s’recroiser

Un peu plus tard sur mon ch’min j’ai rencontré la tendresse Ce qui reste de l’amour derrière les barrières que le temps dresse

Un peu plus tard sur mon ch’min j’ai rencontré la nostalgie La fiancée des bons souvenirs qu’on éclaire à la bougie

Assez tôt sur mon parcours j’avais rencontré l’amitié Et jusqu’à c’jour, elle marche toujours à mes côtés Avec elle j’me tape des barres et on connait pas la routine Maintenant c’est qûr, l’amitié, c’est vraiment ma meilleure copine

J’ai rencontré l’avenir mais il est resté très mystérieux Il avait la voix déformé et un masque sur les yeux Pas moyen d’mieux l’connaitre, il m’a laissé aucune piste Je sais pas à quoi il r’semble, mais au moins j’sais qu’il existe

J’ai rencontré quelques peines, j’ai rencontré beaucoup d’joie C’est parfois une question d’chance, souvent une histoire de choix J’suis pas au bout d’mes surprises, la d’sus y a aucun doute Et tous les jours je continue d’apprendre les codes de ma route

C’était sur une grande route, j’marchais là d’puis des jours Voir des s’maines ou des mois, j’marchais là d’puis toujours Une route pleine de virages, de trajectoires qui dévient Un ch’min un peu bizarre, un peu tordu comme la vie


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