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Indochine, du zénith au stade de France

mardi 8 juillet 2014 par Sandrine

« Où vas-tu les yeux noirs, tu t’en vas vers nulle part, allez viens là, reste là, ne pars pas sans moi… »

27 mars 1986, Zénith de Paris.

J’ai 17 ans.
La lumière se fait dans la salle, le concert vient de se terminer, je viens de vivre ma première expérience inoubliable de scène musicale, et c’était avec Indochine.


Cela vaut bien un léger retour en arrière sur cette passion furieuse d’un groupe qui m’a animée et accompagnée durant toute mon adolescence !

1983 - « L’aventurier » passe en boucle sur les ondes, Bob Morane contre tout chacal devient mon héros de tous les temps, et en découvrant leur premier album, Indochine devient mon groupe préféré !
Je m’inscris au fan-club dès sa création, et reçois ma plus belle photo dédicacée de Nicola, Stéphane, Dimitri et Dominik, que je mets bien en évidence au dessus de mon bureau de lycéenne.

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Ils enchaînent les albums que j’achète tous, et ma passion grandit au fur et à mesure de leurs chansons que je connais par cœur, je fais mes devoirs avec les décibels poussés au maximum, mes parents n’en peuvent plus de cette « musique nulle avec un chanteur sans voix » et de ce groupe qui ne durera que le temps d’un déjeuner de soleil !! (Papa est excellent en prédictions...).

Il faut dire que mes vinyles et cassettes se font la part belle entre The Cure avec un Robert Smith un peu évaporé, les Duran Duran très échevelés, et Indochine avec un Nicola à l’allure androgyne et décalée !
Mes parents écoutant plus Sardou et Johnny, le conflit de générations n’est pas loin.

Mes idoles ont un look à part pour l’époque, le gothique n’existe pas encore, mais on en prend le chemin, on parle plutôt de tendance New-wave, et comme toute ado qui se respecte, je copie avec les moyens du bord pour leur ressembler…
Cheveux crêpés à fond et gel tenue extra-forte, mini queue de cheval, ongles vernis de noir, imper noir, bref, black is black.
J’envie ma copine Véro car elle est brune et le rendu est saisissant, moi je fais ce que je peux avec ce que j’ai, et on ne se moque pas s’il vous plaît !!

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Des heures enfermées dans ma chambre, Véro et moi refaisons le monde, l’amour, et l’amitié, mais toujours au son exotique des synthés de notre groupe favori.
3e sexe, Canary Bay, 3 nuits par semaine, Dizzidence politik, Okinawa, Miss Paramount, aucun titre ne nous échappe, et nous sommes incollables sur les paroles, bien mieux que sur nos leçons de biologie concernant le myocarde ou la cellule !

Le phénomène a pris de l’ampleur, et toute notre classe de sanitaire et social, exclusivement féminine, vit au rythme d’Indochine…
Secrètement, nous sommes toutes amoureuses de Nicola, mystérieux et charismatique, le chanteur du groupe a tout pour plaire aux midinettes que nous sommes.

Nous ne passons évidemment pas au travers de l’info essentielle du moment : Indochine entame une tournée de concerts, ils seront au Zénith de Paris en mars…
Pas question de rater ça !
Toujours avec mon inséparable Véro, nous partons à l’assaut des tickets pour ce concert qui sera donc notre baptême de scène.

27 Mars 1986

Le grand soir est arrivé.
Excitées et impatientes, nous préparons avec minutie les détails de notre tenue et maquillage, pour nous mettre dans la peau de fans acharnées que nous sommes !

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Un coup de RER et de métro, nous voici devant le Zénith.

Des clones de Nicola Sirkis à la mèche rebelle, déambulent de partout, nous ne sommes pas les seules à avoir adopter le look du chanteur de Salombo…

La foule s’est amassée devant l’entrée du Zénith, et attend, comme nous, d’entrer dans l’arène !
Je tiens la main de Véro pour ne pas la perdre…
L’heure est venue, nous courons dans la fosse pour prendre les meilleures places, à quelques mètres de la scène et de nos idoles.

Nous crions, nous hurlons, nous trépignons.
Le noir se fait, nous délivrant de cette attente interminable.
Je me rappelle alors du bruit d’un avion comme s’il survolait la foule, des éclairages de folie, et de l’arrivée fantastique de Indochine sur scène.

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« A l ‘assaut des ombres sur l’O » donne le ton pour ce show qui va nous ensorceler.
Un pur rêve éveillé.

Mais le concert commence à peine, et j’ai déjà perdu Véro !
Le mouvement de foule a eu raison de nos mains qui se sont séparées, je la cherche en vain, me voici seule au milieu de cette foule anonyme, tant pis, je vais devoir savourer ce moment sans elle…

Les titres s’enchaînent, je chante, je danse, je suis à fond dans le péril jaune, je ne connais aucun de ces gens autour de moi, mais nous sommes tous là pour la même cause, pour le même groupe qui nous fait vibrer, pour leurs chansons, pour partager cette liesse de fans en furie...

C’est mon premier concert et j’en prends plein les mirettes, Indochine met le feu pendant presque 2 heures, le partage est total entre eux et ce public privilégié dont je fais partie.
Les éclairages, le son, la mise en scène, sont incroyables, je n’ai plus envie que cela se termine.

Alors qu’ils entament leur dernière chanson « Les yeux noirs », je retrouve Véro par le plus pur des hasards, on se prend dans les bras, on peut enfin chanter ensemble, et partager cette communion totale entre notre groupe favori et le public entièrement conquis.

Nicola ne chante plus, il n’a plus qu’à tendre son micro vers cette foule qui reprend les yeux noirs, nous sommes une chorale reprenant un chant liturgique dans une église un peu moderne !

Les frissons d’émotion ont envahi les rangs et les tribunes, cette fin de concert est extraordinaire, l’envie de rire ou de pleurer, l’impression d’assister à l’éclosion d’un phénomène musical qui n’a pas fini de faire causer dans les chaumières.
Nous voici fans d’Indochine devant l’éternel...Ou presque ?

Entre le Zénith et le Stade de France il n’y avait alors plus qu’un pas...de 28 ans !

28 Juin 2014

Je n’ai plus 17 ans, j’en ai presque 46....

Mon chéri a eu la délicieuse idée de m’offrir à Noël, le sésame indispensable pour assister au Stade de France à un des concerts d’Indochine !

Je bavais devant les affiches dans le métro qui annonçaient leur tournée, et voici que je vais être parmi ce public chanceux !

Bon, certes, les années ont passé, et je dois bien avouer que ma culture Indochinoise s’est quelque peu affaiblie.
Je ne connais plus aucune de leurs récentes chansons, je ne sais même pas si je saurais reconnaître, ou citer les autres membres du groupe, je suis quelque peu honteuse...

Nous dirons que je suis une fan qui s’est un peu endormie, mais dont le réveil ne demande qu’à se faire !
Quoiqu’il arrive, assister quelques 30 années plus tard de nouveau à leur concert m’enchante...

Je n’ai plus le look de Nicola, j’ai troqué mon imper noir contre une veste de pluie turquoise, je ne mets plus de vernis noir, mes ongles sont pailletés de violet, j’ai une frange sage qui a remplacé ma coupe pétard de l’époque...
Le Zénith a des allures de stade...

Mais je pense que je vais faire un semblant de retour en adolescence, et ça, j’achète !!

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Nous voici donc arrivés à Saint Denis devant le légendaire stade de France.
Il pleut depuis des heures, et nous n’espérons qu’une chose, que cela n’entrave pas l’organisation du concert ou entraîne simplement l’annulation...

Les alentours du stade ressemblent à un ravitaillement du marathon de Paris après le passage de milliers de coureurs, ici et là, des couvertures de survie chiffonnées, des sacs poubelle, des tentes décathlon abandonnées par leurs propriétaires, des assidus qui ont dormi là pour être certains d’être les premiers à pénétrer dans la fosse...

Là encore, j’ai vieilli et c’est tant mieux...
Nous ne serons pas dans la fosse sous les trombes d’eau, mais à l’abri dans la tribune basse, et très bien placés !

D’ailleurs en parlant de vieillir, c’est étonnant comme toutes les tranches générationnelles sont représentées ici.
Il y a les quinquas comme nous, ceux de la première heure, mais pas de toute première fraîcheur, il y a les familles avec de jeunes enfants, mais aussi les trentenaires qui ont grandi avec la nouvelle génération Indochine.

Nous prenons donc place dans la tribune H, en partie basse, à quelques mètres de la scène.

La première partie du concert est déjà bien entamée, mais nous assistons à la fin de la représentation de Hollysiz, cette jolie blonde très rock n’a rien perdu de sa motivation malgré la pluie qui s’abat sur elle et ses musiciens !

21 h 00

Il règne comme toujours cette impatience parmi le public en attente DU groupe devenu mythique.

Des poupées gonflables représentant les traffic girls asiatiques, se dressent parmi la foule, les écrans géants envoient les images noir et blanc du groupe, tels qu’ils apparaissent sur l’affiche du concert...Puis ils s’en détachent, avancent un à un, rajeunissant au fil de la vidéo, ils transpercent finalement l’écran.
Nicola suivi du groupe entre alors dans le stade, fendant la foule en délire, ils marchent, droits, fiers, classes, vers la scène centrale...Frissons garantis.

Le show peut commencer !!

Pendant une heure, il faut avouer que nous ne connaissons pas les chansons ou presque. Mais la magie opère, la mise en scène est fabuleuse, les effets de lumière, les décors sont justes somptueux !

La Black city nous impose ses tours où le noir et le blanc dominent.

Le spectacle est partout, et la pluie ajoute une espèce de féerie à l’ensemble (les gens debout dans la fosse ne seront peut-être pas d’accord avec cela !).

J’ai retrouvé mon regard de fan, je suis avec mon amoureux, et j’ai rajeuni de 30 ans !

Arrive la séquence flashback avec une « Miss Paramount » endiablée, un « J’ai demandé à la lune » tout en délicatesse.
La communion est totale, les étoiles sont partout, c’est une messe chantée par un public en liesse.

Une autre étoile, de l’opéra de Paris cette fois-ci, offre sa grâce et sa légèreté, tournant et virevoltant dans sa robe immaculée sur « Wuppertal ».

Mais l’émotion atteint son paroxysme lors de « Atomic sky », cette chanson dédiée à Stéphane, (le frère jumeau de Nicola disparu bien trop jeune), prend toute son ampleur, lorsque Nicola invite une spectatrice à venir le rejoindre sur la scène détrempée.

Les caméras filment ce moment unique où leurs deux corps s’allongent côte à côte, à l’unisson sur un parterre inondé, leurs mains se soudent et pointent le ciel qui verse toutes ses larmes.
Hommage vibrant.

La nuit est bel et bien tombée, le décor change d’ambiance,
La Black City reprend des couleurs, pour offrir des lumières de discothèque géante sur les tubes incontournables des années 80.
« Canary Bay », « 3e sexe » « 3 Nuits par semaine », c’est évident, j’ai 17 ans et je me trémousse comme au bon vieux temps !

Nicola met le feu au stade en folie, il part à l’assaut de son public situé au fond du stade de France, il n’oublie personne, saluant toute cette ferveur qui lui est consacrée.

Une croix géante, scintillante se dresse au milieu de toutes les lueurs des portables allumés, ressemblant à une galaxie nouvelle : la planète Indochine !!

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Le show à la pointe de la technologie est étourdissant, et nous nous régalons de ce qui nous est offert !

Toutes les têtes se lèvent vers le toit du stade...Un serpentin de feu avance au rythme de la batterie, il parcourt doucement mais sûrement la coursive, il rejoint son homologue qui rampe de l’autre côté, le monde est suspendu à ces flammes ensorcelantes...

L’intro... Unique et reconnaissable...Ce petit truc entêtant qui vous fait toujours lever pour aller danser dans les meilleures soirées, le synthé lance les premières notes de « L’aventurier » !
Cris et hurlement de joie dans la foule, ça saute de partout, putain de stade !

Les deux serpentins ont fusionné, le feu a jailli dans des flammes incroyables, qui ne sont pas celles de l’enfer !
L’enchaînement pyrotechnique est une folie douce, et Bob Morane reste le héros de tous les temps, et de toutes les générations.

C’est un final à la hauteur de ce sublime concert, qui se termine dans un feu d’artifice qui chauffe les joues comme lorsque l’on savoure la chaleur de la cheminée !

Nicola et le groupe saluent leur public complètement acquis après 3 h d’un show époustouflant, les applaudissements s’intensifient, mais il n’y aura pas de rappel, il faut maintenant rentrer et regagner le métro bondé...

La pluie continue de tomber, les gens sont trempés mais heureux, les cheveux collés de paillettes dorées, les yeux remplis d’étoiles, ils viennent de vivre ce concert qui était décidément à ne pas manquer !

Indochine a encore de belles heures à vivre et à donner ou partager leur musique.

Fin d’une parenthèse d’une petite fan qui a vieilli, mais qui aime toujours ce groupe 30 ans plus tard...

Reportage photo par Magali m

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PS

Merci à mon chéri de m’avoir permis de revivre Indochine en concert, c’était un très beau cadeau...
En prime j’ai maintenant une jolie casquette et un tee-shirt de vraie fan acharnée !!

Pour le tatouage, je vais encore attendre un peu ;-)


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