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Premier trail : les templiers

samedi 25 octobre 2003 par Dominique

J’ai attendu quelques jours pour rédiger ce petit compte-rendu sur ma première participation à un grand trail. Je pensai que je serai plus calme pour analyser cette course, mais à J+6, c’est toujours la confusion. Je suis encore partagé entre déception, frustration, et excitation, mais aussi une grosse envie de revanche sur cette épreuve, et beaucoup de motifs de satisfaction, …

16h07 : Cantobre
« Messieurs, veuillez retirer votre dossard, votre puce électronique et me les remettre. La barrière horaire est dépassée, la course est finie pour vous ».
A moins de 10 km de l’arrivée, l’aventure se termine pour 7 petites minutes. Sur le groupe de 6 que nous avions monté, 2 sont passés et le reste est avec moi, bloqué au portillon à cause de moi.
Jean-Mi négocie la garde de son dossard (souvenir). Nous sommes calmes, résignés, et nous nous dirigeons maintenant vers le point de ravitaillement en attendant qu’une navette nous ramène à Nant
La déception se lit sur tous les visages. Nous sommes peu bavards à part quelques « et ! merde » « dommage ! » « il y avait la place pour passer » « et si … »
Intérieurement, moi je peste, s’ils m’avaient écouté « ces idiots », s’ils m’avaient laissé à Layolle comme je leur avais demandé. Ils seraient passés les doigts dans le nez comme les 2 autres. C’est vrai que nous avions rêvé de franchir la ligne d’arrivée main dans la main et qu’à aucun moment nous n’avions envisagé le pire. Alors évidemment, je râle (même si c’est génial qu’ils ne laissent pas sur le causse), mes copains ne méritaient pas de s’arrêter là, encore moins pour 7 minutes.
10 heures de course et 7 minutes en trop : Ça représente 40 secondes par heure ou moins de 100 mètres par heure. Avouez que c’est rageant.

Nous perdons 7 minutes :
· Parce que nous étions peut-être trop confiants,
· Parce que nous avons fait trop de pauses photos, pipi, …
· Parce que nous restons plus d’1/4 d’heure au ravitaillement de Dourbies à savourer notre 1h30 d’avance sur le planning et notre état de fraîcheur
· Parce que la course se joue en partie sur le plateau de Layolle, où il faut constamment relancer la machine et moi je ne pouvais pas.
· Parce que les conditions climatiques n’étaient pas favorables.
· Parce que c’est la course, c’est le sport, c’est comme ça.

Tout avait pourtant bien commencé
Samedi 16 heures – Cantobre
Nous avons les dossards, nous sommes enfin près du but.
Depuis plusieurs semaines nous pensions beaucoup à cette course. Jamais nous n’avions couru avec autant de dénivelé et sur une distance aussi longue. Ce sera quel que soit le résultat une superbe expérience.

Samedi 17 heures – Comberedonde
Avant de regagner, l’hôtel nous nous arrêtons à la ferme de comberedonde pour une petite reconnaissance à pied du secteur et évaluer cette portion annoncée comme « roulante ». En effet, ce sera la partie la plus roulante de la course avec la descente du St Guiral. (Pour les Parisiens, c’est l’équivalent à la course Paris-Versailles de nuit, sans bitume et sans la partie plate des quais de la Seine). Le ton est donné.

Samedi 22 heures – Hôtel du rocher au Caylar
Dernier tour de tarot et je vais me coucher. Ce n’est pas la peine d’insister, je n’ai pas de jeu.

Dimanche 4 heures – Hôtel du rocher au Caylar
Je n’ai pas très bien dormi. J’ai alterné entre le froid et le chaud et en plus, un « con » de chat à miauler toute la nuit à notre fenêtre. Levé avant la sonnerie du réveil, j’ai appris au chat à voler (vengeance personnelle). Petit déjeuner ensemble. Gâteaux sport, café (avec la cafetière prêtée gracieusement par l’hôtel)

Dimanche 5 heures 15 - Hôtel du rocher au Caylar
5h 10 tout le monde est prêt sauf Guillaume.
5h 15 en route vers l’aventure

Nant – 6 heures
Après 20 minutes de route, nous sommes enfin à Nant. Beaucoup de monde, beaucoup de véhicules à garer. Derniers préparatifs à la frontale dans la joie et la bonne humeur (quelques photos souvenirs). Il fait moins froid que la veille (-7°C hier, autours de –2°C ce matin). Nous nous rendons tranquillement vers le départ. Beaucoup s’échauffent, pas nous. Nous avons 65 kilomètres pour le faire.
Musique, flambeaux, 6 heures et quelques minutes, le départ est donné.

Saucliere
Nous avions décidé de faire un début de course prudent. Nous sommes partis sur des bases de 7 minutes au kilomètre. Le peloton s’étire tranquillement. Il n’y a pas de fort ralentissement sauf au pied de la vraie première difficulté (un petit mur de 400 m avec un passage étroit).
Rien à dire sur ce parcours, nous sommes dans les temps que nous avions décidés. A la ferme de Comberedonde, nous pouvons ranger les frontales.
Après 2 heures de course nous arrivons tranquillement à Sauclière pour le premier ravitaillement en eau. Les organisateurs nous avertissent qu’il neige au St Guiral : notre prochaine étape.

St Guiral
La montée vers le St Guiral, s’effectue par palier. C’est une succession de pentes que nous descendons et montons (évidemment puisqu’il faut aller à 1300 mètres). La température s’est adoucie et effectivement nous rencontrons les premiers flocons de neige.
Pause photo au St Guiral.

Dourbie
Pas de difficultés particulières dans la descente vers Dourbie. Uniquement quelques passages glissants au sommet sur de la neige damée et sur les feuilles.
Nous sommes arrivés à la mi-course frais et sûrs de nous. Nous allons rester plus ¼ d’heure au ravitaillement à nous féliciter et échanger nos premières impressions. (Une belle connerie).

Le Suquet
Je n’ai pas de souvenir particulier de la montée vers le Suquet, je ne retiens que la descente.
La descente vers Trèves est pour moi la partie la plus difficile du parcours. C’est une longue, très longue descente interminable qui fait très mal aux cuisses. On ne pense qu’à une chose : Vivement la montée.

Trêves
Notre avance a fondu à l’inverse de la neige. Nous avons juste le temps de prendre quelques ravitaillement (du thé chaud pour moi) et repartir aussitôt. La course contre la monte va commencer
La montée vers le plateau de Layolle se fait par un GR. C’est un autre rythme que sur la première partie de course. La pente est plus raide, le sentier plus étroit et il y a beaucoup plus de rocher. Il parait qu’il fait plus froid. (Moi, j’ai des grosses bouffées de chaleur). Il ne neige plus mais tombe une espèce de crachin froid. On se croirait sur le Raid28 en plein mois de janvier

Layolle,
Le groupe de 6 est étalé sur 200 à 300 mètres devant moi. Je suis malade. La fièvre a pris le dessus. Calé dans les pas de Guillaume, je suis capable de marcher vite, mais pas de courir longtemps alors forcement on va perdre peu à peu du temps sur Jean-Philippe et Gilbert (les 2 poissons pilotes). La situation est frustrante, c’est une véritable course contre la montre et je n’ai pas de « jus ». Impossible de m’alimenter, j’ai la gorge en feu et tout ce que j’essaye d’avaler est insupportable. C’est comme ça depuis ce matin, j’avais prévu 1 gel par heure j’en prends 1 toutes les 2 heures. Je rêve d’une soupe chaude ou d’un thé chaud comme à Dourbies ou à Trêves. J’essaye de convaincre mes copains de partir à leur allure et de me laisser seul finir à la mienne. Je suis bien conscient que je ralentis le groupe et que ce serait dommage d’hypothéquer les chances de tout le monde. Je peux terminer seul. Je sais que je peux encore faire 10 à 15 km (voire plus) mais pas à 6,5 km/h de moyenne mais plutôt à 6. Après une tentative d’abandon à un point de contrôle, mes partenaires me disent « que si j’arrête, ils arrêtent aussi. Il faut tenter le coup ensemble ».
Le réseau GMS passe enfin, j’en profite pour appeler la maison et rassurer tout le monde. Ce petit coup de fil me fait du bien et un gel coup de fouet plus tard, je me dis que je dois tout donner dans la descente de Cantobre.

Descente de Cantobre.
Les organisateurs nous avertissent « par temps sec, c’est une descente très technique, sous cette pluie c’est devenu dangereux ! Alors pas de folie, de toute façon, vous ne passerez pas la barrière horaire … ». Il est15h45, nous avons ¼ d’heure pour faire un peu plus de 2 km de descente.
Effectivement, c’est une descente technique ou les passages rocheux s’enchaînent avec des parties très glissantes dues à la pluie et nombreux passages qui nous ont précédés.
Sur certains tronçons, les cordes mises en place par l’organisation sont indispensables.
Plus on descend, plus on entend les voix du public qui encouragent les coureurs, c’est excitant. J’ai l’impression que c’est jouable que l’on peut passer. Pendant près de 15 minutes, je vais tout donner, courir dès que je peux, dépasser d’autres concurrents, m’accrocher aux arbres, descendre sur les fesses jusqu’au moment où les clameurs venues de cantobre cessent. Il est 16 heures. On aperçoit le point de passage en contre bas. C’est fini, nous ne passerons pas. Petit coup de blues. On se regroupe une dernière fois dans les pentes de cantobre pour la dernière photo.

Vous connaissez la suite.
Au retour à l’hôtel. Douche tiède. Nous nous réunissons dans une chambre pour y déguster un fabuleux foie gras et une petite bouteille de Jurançon que Jean-Michel nous a amené (Ca n’efface pas les regrets mais ça réconforte). Ensuite, charcuterie locale et vins rouges. L’ambiance n’est pas à la liesse mais tout le monde a envie de revenir l’année prochaine…

Le bilan est néanmoins positif.
J’ai pris beaucoup de plaisir à préparer cette épreuve, que ce soit la logistique ou la condition physique. Après 6 jours, le moral est intact et j’ai hâte d’aller recourir.
La course des Templiers est une belle épreuve, difficile et exigeante mais je n’ai pas été trop gourmand : je pense avoir le niveau pour la terminer. (L’année prochaine ?)
J’ai la confirmation que ce sont des épreuves comme celles-ci qui me motivent et où je me fais plaisir. Je ne vais pas en faire beaucoup dans l’année, mais ce sont de vrais rendez-vous.
L’ambiance du groupe pendant ces 3 jours, a été excellente.
La condition physique est bonne. (Pas grand chose à changer sur la préparation).
Félicitations à Gilbert et Jean-Philippe pour leur réussite et merci à la MonsterTruck (Thierry, Guillaume et au nouveau venu Jean-Michel) pour sa solidarité et sa patience d’avoir supporter ‘le bougon’ sur le plateau de Layolle.


titre documents joints

Preparation Domi

15 avril 2008
Document : PDF
30.1 ko

Préparation en 9 semaines


Récit de Jean-Philippe

1er avril 2008
Document : PDF
8.9 ko

Compte rendu de Jean-Philippe


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