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L’amour à la Côte

dimanche 2 octobre 2005 par Sandrine

Je n’ai pas couru ce marathon, j’y suis juste allée en fervente supportrice, mais je tiens à faire partager mon ressenti pour cette belle journée...

Dimanche 2 octobre 2005

6 H 00 - Réveil matinal pour sportifs acharnés...Motivation des troupes,musique à donf, petit déjeuner solide, chacun revêt son uniforme pour la journée, gourde remplie, dossard épinglé, tout est prêt, le vélo est dans la voiture, nous voici partis pour la navette du matin...

7 h 00 - Le soleil n’est pas encore levé, il fait même nuit noire, il y a une certaine effervescence au village marathon, chacun s’organise, discute, rit, petits soupçons d’anxiété, partages des derniers doutes, joie du départ imminent...

Je suis déjà en selle, Domi parle avec des potes de course, le bus va bientôt partir direction le Croisic....

Je m’installe sur mon vélo, j’enclenche la première, me voici partie cheveux au vent, dans les rues sombres de Pornichet, pour atteindre le remblai de la Baule.
Il fait à peine frais, les lumières sont encore partout allumées, je suis seule, complètement seule, le remblai est désert, je me sens ivre de bonheur, la mer est belle, le soleil perce au loin, un petit parfum d’été plane encore...

Je décide de rouler au plus près de la mer, pas question de rater ce spectacle magnifique qui s’offre à mes yeux, je n’emprunte pas la piste cyclable, mais le trottoir, je roule librement, je commence à ressentir une douleur aux fessiers, la selle est dure, mes fesses peu habituées au vélo sont malmenées par cette ballade, je n’ai fait que deux kilomètres, et je souffre déjà !!!!

Je regarde les barres d’immeuble de la Baule défiler lentement, je fais quelques pauses photos de ce superbe lever de soleil, et je me dis que le chemin va être bien long jusqu’au Croisic !!!!

Je persiste, chaque kilomètre passé est un kilomètre gagné pour le rejoindre, l’encourager...

Je grimace, je peste, je me tortille sur ma selle, j’ai vraiment mal !!!
Je traverse le pont du Pouliguen, des pêcheurs partant sur leur barque m’interpellent, ils me crient qu’ils partent à la pêche à la morue et au barbu, bien sûr messieurs, quel humour !!!

Je m’octroie une pause, je descends du vélo, et me ballade dans les rues de ce village fleuri, le marché et ses chalands vient juste de commencer, ambiance bon enfant, cris du poissonnier, j’oublie ma douleur, je dois repartir....

Je prends la route vers la côte sauvage, je trouve la montée bien longue, pas de paysage côtier, rien que des maisons fermées puisque nous sommes hors saison, je n’aime pas ce tronçon de route, mais savoir que la mer est juste derrière m’encourage !

Je parviens enfin sur cette fameuse côte sauvage, des rochers abrupts, des vagues qui se fracassent, des petites villas balnéaires, tout est beau, je me sens mieux, ma douleur s’est accentuée, mais j’essaie à tous prix de ne pas y penser...

Je m’arrête au ravitaillement où des bénévoles sont affairés, ils sont tous heureux de participer à cette grande fête qu’est le marathon, un air de cornemuse déchire l’air marin, je suis en Bretagne, je le sais à ce moment précis...
Les tables de ravitaillement pour l’instant sont intactes, dire que dans quelques heures, des centaines de coureurs s’arrêteront là pour prendre au fré de leur envie ou de leur besoin, quelques morceaux de banane, de pain d’épices ou encore d’abricots secs ...

Je reprends mon vélo direction Batz sur mer.

Arrivée au carrefour qui devrait me mener à bon port, un cordon de bénévoles me coupe la route en me demandant où je vais...Je leur indique mon intention de me rendre au Croisic, le meilleur point stratégique pour voir plusieurs fois la course..Toute la gentillesse de cette femme qui va alors me répondre, n’enlèvera en rien la colère qui monte en moi à l’écoute de sa terrible réponse : je n’ai pas le droit d’aller là bas, les accès sont bouclés, pas de voiture, pas de vélo autorisé !!!!

Toute ma fougue et mon courage viennent de tomber, j’en aurais presque les larmes aux yeux, je ne vais pas le voir, je ne vais pas l’encourager pour ses premiers kilomètres sur l’asphalte, je me dois d’être au moins là sur la fin du parcours, il me faut donc immédiatement rebrousser chemin, et regagner au plus vite le Pouliguen afin de ne pas être coincée lorsque les premiers coureurs seront passés.....

Le vélo ne chôme pas, j’essaie d’aller le plus vite possible, il fait chaud, l’air marin me fait du bien, je passe sous chaque panneau destiné aux marathoniens, 29e,30e, 31e km, en quelques dizaines de minutes, je me retrouve sur le quai du port du Pouliguen, tout a changé par rapport à ce matin, les terrasses sont bondées, beaucoup de familles qui sont venues encourager les leurs, c’est beau le sport !!!!

J’attache mon vélo, et je pose enfin mes fesses sur une chaise, qui me parait fort agréable !!!!

Le soleil donne, un orchestre de jazz crée une atmosphère bien sympathique, je sais que j’ai du temps devant moi, il n’est que 11 heures, et si Domi fait le temps qu’il espère, il ne devrait pas arriver avant 2 heures, je me détends complètement, je commande un thé, je suis bien.

Je discute avec des personnes autour de moi, qui guettent comme moi leur montre, je reste une heure ainsi, puis je me décide à bouger, les premiers coureurs sont passés...

J’opte pour m’installer sur le pont, j’ai une vue ainsi dégagée sur le quai, où l’on voit au loin chaque coureur arriver, je dois encore patienter, mais je sais qu’au bout, ce sera le bonheur !!!!

13 h 00 - Mon portable vibre, c’est Domi, il n’est pas au mieux, il me demande où je suis, à quel kilomètre, je lui réponds que je dois être au 33e kilomètre, il a mal aux jambes, mais va essayer de venir jusqu’à moi, je l’encourage, je raccroche, j’espère qu’il va tenir !!!!
J’encourage certains vus la veille à la pasta party, j’ai raté Noël, avec son ballon de 4 heures, j’ai guetté le ballon, mais celui ci était parti ..!!!! )))

Je guette du haut de mon pont l’arrivée de Domi, je vois des gens à bout de souffle, fatigués, d’autres sont frais et guillerets, j’espère qu’il ne sera pas trop mal, je n’ai pas envie de le voir souffrant, puis, je le vois, de très loin, il me fait de grands signes, je suis heureuse, il approche, je l’encourage, il vient vers moi, il a le sourire, il est un peu marqué, ce qui parait normal après 33 km de course, il ne sait pas encore s’il peut vraiment continuer, les derniers kilomètres risquent d’être difficiles, je l’encourage à continuer, au moins jusqu’à ce que je puisse l’accompagner vraiment en vélo, ce qui n’est pas possible à cet instant même........On se donne rendez vous sur le remblai de la Baule, seul endroit où je peux le rejoindre...

Je fonce au travers des rues bourgeoises, des barrières sont installées partout pour éviter aux voitures de se rendre vers la plage, je franchis tous ces obstacles, j’arrive à la sortie de la zone piétonnière, il va bientôt arriver, il décidera alors de la fin de sa course.

Je n’attends pas longtemps, le voici déjà, il m’explique qu’il va arrêter, ou au mieux terminer à pied, mais 8 km sur le remblai en marchant, cela lui parait long, je lui explique que nous mettrons le temps qu’il faut, tous les deux, moi à côté de lui, lui à côté de moi, une bonne petite ballade dominicale, ou dominicaine, sous le chaud soleil, avec un chrono pour nous motiver !!!!!!

Nous discutons tranquillement, je suis à pied, je ne remonterai pas sur cette maudite selle qui m’a échauffé les fesses !!!!

Les kilomètres passent, nous recevons quelques encouragements bienvenus, nous marchons à bon rythme, le temps passe vite, nous voyons déjà au loin les tentes de l’arrivée du marathon, nous croisons des finishers, coupeventés blancs, fiers d’arborer leur trophée des 42.5 km ....

Il peut être en dessous de la barre des 5 heures, en ayant marché 8 km, c’est une prouesse énorme !!!!

Je ne peux accéder en vélo pour la dernière boucle avant l’arrivée, je le laisse donc terminer sa course seul, je vais l’attendre sur cette fameuse ligne d’arrivée, synonyme de tant d’efforts, et d’abnégation !!!

Je l’aperçois au loin, il trottine, il m’épate !!!!!

ça y est, il a fini, et la barre des 5 heures n’est pas passée, il termine en 4 h 50 .... !!!!

Tout un cérémonial l’attend, de jolies jeunes filles l’embrassent en lui passant une belle médaille, puis on lui enlève la puce qui a permis de ne pas le perdre et de chronométrer son temps...

Il peut enfin venir à moi, je l’embrasse pour le féliciter, je le sens partagé entre le bonheur d’avoir finalement terminé, et la déception de ne pas avoir pu tout donner comme il aurait aimé sans cette blessure aux adducteurs.

Mais tout va bien, il peut se diriger vers les tentes, récupérer son coupe vent, manger un peu, il voudrait se faire masser, mais à cette heure, beaucoup de concurrents ont assailli les bancs de massage, il préfère donc que nous allions manger quelque chose de solide, nous allons pouvoir déjeuner, il n’est que 15 heures !!!!!
Nos ventres crient un peu famine, et nous optons pour une tartiflette en terrasse, la neige et les montagnes sont loin, mais tous ces marathoniens vêtus de leur blouson blanc pourraient presque nous faire penser que les remonte pente ne sont pas si éloignés de nous !!! : -))))

Voilà, fin d’une belle journée sur la côte d’amour.

Nous pouvons retourner vers notre mini home, et programmer notre soirée avec Noël et patate, ce sera pub avec bonne bière, et resto sur le port de Pornichet, avec andouillettes grillées au feu de bois, le week end touche à sa fin, ce fut un bien beau week end.....


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