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La première équipe Monster Truck Team

Raid28 - 2003
dimanche 19 janvier 2003 par Dominique

Bon, ça y est, je m’y colle.
Je vais vous faire partager un peu notre course. Ce n’est que le point vu de l’orienteur et aussi du plus vieux de la bande. Si mes camarades n’ont pas vu ou ressenti les même choses que moi, qu’ils me pardonnent.


J’avais à cœur que cette épreuve se passe au mieux pour tout le monde. J’étais l’instigateur de notre inscription et je savais que ce serait une épreuve très difficile, je ne voulais pas que l’on me reproche de les avoir embarqué dans une grosse galère. Heureusement, Thierry (notre capitaine) avait bien pigé le coup et m’avait relayé dans le discours « ce n’est pas une balade, on va souffrir …préparez-vous donc sérieusement »

Tout le monde averti, on pouvait se donner rendez-vous le 18 janvier à la maison.

Les dés sont jetés, nous sommes le samedi, il est 18 heures 30 et Thierry sonne à la porte. Il est prêt et il a l’air content. Le reste de la bande doit arriver dans ½ heure. On prend les paris : 1er Franck, 2nd Vanessa et si tout va bien Guillaume devrait arriver tranquillement dans une grosse heure voire plus.
Si je me souviens bien, Vanessa devance Franck de pas grand chose et Guillaume est resté fidèle à la légende. Entre temps, Frédéric (le copain de Vanessa) est resté avec nous, et super David est venu « mettre le feu ».

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Très rapidement, le salon devient un véritable capharnaüm. C’est aussi la première fois qu’autant de personnes viennent à la maison un samedi à l’heure de l’apéro sans prendre l’apéro… Bravo, les sportifs !

Nous vérifions pour la nième fois la check-list (carte, boussole, la boisson, la bouffe…). Nous pesons les sacs : 7,5 kilos, 8 kilos, 9 kilos … (du délire) Comme nous ne savons pas ce qu’il faut enlever, nous gardons tout. Soyons positifs « plus on va avancer dans l’épreuve plus le sac sera léger » et « si on se perd : on pourra tenir au moins 3 jours ». Et là, je vois tout de suite à la tête de mes camarades que l’utilisation du mot « perdre » est à bannir dans les prochaines 24 heures.

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Le premier service est terminé, les enfants ont fini leurs pizzas. C’est aux grands sportifs que nous sommes de passer à table.
Ce soir, c’est fête. Nous avons le droit au gruyère avec les pâtes et le jambon, compote, fruit et un petit verre de « Grave » acheté spécialement pour l’occasion (un peu jeune, mais très bon, le sommelier ne s’est pas trompé).
L’ambiance est bon enfant. Nous parlons de tout et de rien mais surtout nous plaisantons beaucoup. David est en grand forme (ça se vérifiera un peu plus tard). J’ai vraiment apprécié ce moment : Nous étions tranquillement en famille, pas de stress, pas de prise de tête, pas d’inquiétude. De toute façon, il était trop tard pour reculer.
Il est maintenant 21 heures 30, le temps a passé vite. En route pour Bures sur Yvette.

Finalement, David et Frédéric nous conduiront et resteront avec nous jusqu’au départ de la course. (Merci les gars, grâce à vous, nous n’avons pas à gérer les problèmes de logistique). Nous continuons à plaisanter beaucoup dans le carrosse de David. C’est un monster truck de 9 places. Nous le chambrons gentiment sur son dernier Aller-Retour Bures-Plaisir, où le pauvre s’était blessé pendant une sortie d’entraînement. Il avait dormi pendant le retour et était le seul à connaître la route.

Bures sur Yvette tout le monde descend !

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On ne peut pas rater le lieu. Il y a de la musique, de la lumière, beaucoup de gens « déguisés » en sportifs. Nous ne sommes ni les premiers ni les derniers. Tiens quelques connaissances, nos voisins, et puis nous retrouvons Michel, Jacques, Jean-Philippe (C’est mon collègue de bureau) et sa famille. Nous nous installons à côté et nous reproduisons un peu près le même souk qu’à la maison.
Jean-philippe a le masque (sûrement déjà dans la course ?). A l’origine du projet, nous devions faire le raid 28 ensemble, mais pour x raisons nous ne sommes pas dans la même équipe. Par contre, nous nous sommes promis si nous terminions ce raid, que nous achèterions une bonne bouteille de whisky que nous la boirons ensemble.
(A l’heure où j’écris ces lignes, la bouteille est déjà entamée. Et je pense que lorsque ce document sera publié sur le net, la bouteille sera vide et ce n’est pas parce que j’écris lentement).

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En attendant minuit, nous nous préparons tranquillement, pommade, étirements, photos (sur le podium, s.v.p). Nous sommes l’équipe 17. je rencontre un ancien copain de rugby. Déjà 4 raid28 à son palmarès (chapeau bas). Il m’avertit « Le raid 28, c’est toujours ce temps là : humide », « assure l’orientation et ne t’amuse pas trop avec les balises bleues pour ton 1er raid, tu risques de le payer cash demain aux alentours de midi » Message enregistré, de toute façon c’est ce que nous avions décidé.

Minuit approche, les capitaines sont appelés pour la remise des documents de courses. On commence le décompte. Notre capitaine n’est toujours pas là … Ah ! Le voilà, il sort tranquillement des WC « C’est quoi le bazar ? » « Ce n’est rien Thierry, on s’est gouré. Ici, ce n’est pas le bal des sportifs, il paraît que c’est une course. Si tu veux y participer, il faut juste que tu ailles chercher la carte et les définitions … »
Voilà, ce que j’ai le plus apprécié dans cette équipe, c’est la décontraction. Tranquuuuille !!
Minuit, ça court de partout. Thierry nous ramène le road book (toujours tranquuuuuille).
« A toi de jouer … ». Il me lit « tranquuuuillement » les définitions, on reporte les 3 premiers points.
On se lève, on met la carte sous plastique. Et c’est parti mon kiki.

0 heure 08 : La monster truck team est sur les rails et quitte le hangar.
Les premiers 500 mètres sont euphorisants. J’entends que les encouragements de nos 2 supporters (David est vraiment en grande forme). Nous sommes pris en photos, filmés, interviewés : 500 mètres de bonheur.
« Dominique, tu n’as pas le droit de te planter ». C’est aussi la pensée qui m’a traversé l’esprit pendant un bref instant et puis tout à coup au premier changement de direction, plus personne, ni devant ni derrière, silence complet. La course a commencé. Nous nous retrouvons à cinq et pour un long moment.

La première partie du parcours est balisée et très roulante : on ne peut pas se tromper. Nous nous répétons une dernière fois nos rôles et consignes (histoire de s’encourager) et puis arrive le 1er PS, Nous trouvons la première balise, nous rejoignons d’autres équipes. Tout s’enchaîne normalement

Les premiers chemins sont déjà très humides, ça laisse présager un « joli » parcours dans la forêt de Rambouillet.
Direction la deuxième balise et déjà des choix d’orientation différents. Il y a des équipes qui partent dans tous les sens. Interrogation du regard de mes camarades et je devance leurs questions « ça va les gars, on roule »

Nous avalons les balises et les kilomètres, nous ne perdons pas de temps, nous respectons notre tableau de progression : Tout va bien sûrement trop bien (mais ça, on ne le sait pas encore).

Première balise bleue. Elle n’est à priori pas difficile à trouver, mais nous sommes en contre-bas et elle se situe sur un point haut. Beaucoup d’équipes la cherchent. C’est un vrai défilé de frontales, et ça crie dans tous les sens. « Le bordel, quoi ! » Décision : on la zappe.

C’est très plaisant de courir la nuit, on ressent un gros sentiment de liberté. Chercher son chemin donne un petit piment et c’est très ludique. Paradoxalement, je n’ai pas cessé de donner des indications sur les distances et les durées. « on tourne dans 500 mètres, moins de 10 minutes et on est à la balise, etc., etc. » et je n’avais aucune notion de l’heure et de la distance parcourue. Je me suis vraiment amusé. Ce qui est drôle aussi, c’est de constater le nombre de solutions offertes pour aller à un point. Nous avons rencontré des équipes allant en contre sens, allant à l’opposé de nous, plus rapidement plus lentement. Chacune fait sa course et chaque orienteur est convaincu de sa stratégie. C’est toute la magie de ce type de course.
En route pour le PP10. « croisement de chemins, 250 m au nord Ouest du cèdre »

Le PP10, quand j’y repense j’en ai encore les nerfs à vifs.
Physiquement on est super bien, mentalement aussi. C’est la décontraction la plus totale tout va bien. Alors j’en profite pour « merder ».
Encore aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi je me suis trompé. Je dois confondre le cèdre sur la carte et celui que l’on voit sur le parcours (j’irai vérifier en VTT au printemps). Alors je guide mes compagnons d’infortune au Cèdre et je dis aux gazelles « 250 mètres là tout droit » et comble de malheur une équipe fait la même erreur au même moment.
Résultat des courses : les gazelles sont faites pour courir. Donnez leur l’occasion de gambader dans un champ, elles la saisissent et en reviennent plus d’½ heure plus tard et fières d’elle, elles vous annoncent : « On n’a rien trouvé, mais on a aperçu plein de lumière plus haut ».
« Ouaih, on sait, j’assume l’erreur de navigation, mais quand je vous dis 250 mètres, c’est 250 mètres. Si vous ne trouvez rien, vous revenez et je vérifie. Ne refaite plus jamais ça »
Le problème est clos, on repart mais « le ver est dans le fruit ».

Au PS3 (15 km), c’est la sanction.
Je ne suis pas inquiet sur la suite de l’épreuve, Thierry ne semble pas perturbé mais les jeunes sont plus silencieux. Au PS3, un bref regard sur les ordres de passage, on est avant dernier.
Même si on se fout des temps de passage, on sent bien le petit coup derrière les oreilles.
« Ce n’est pas grave, en route pour la CO, on prend 2 balises et on s’en va. Le temps récupéré compensera le temps que nous venons de perdre ».
En route pour le PP11, on rattrape des équipes sans forcer (c’est bon pour le moral). Ils cherchent le PP11 mais pas au bon endroit. On les dépasse et on continue. Interrogation « Domi, t’es sûr ? » « Yes »
Je connais ce chemin, je l’ai emprunté plein de fois en footing avec le rugby. Mais la nuit c’est différent : plus de repère. Je sais que si je suis le ruisseau je tomberai forcement sur le pont. J’avoue avoir eu un doute pendant quelques secondes « et si j’étais allé trop loin ? Et si l’autre équipe avait raison ? » « Et puis, non ce n’est pas possible ! Le pont est plus loin ! ». Finalement, nous trouvons le pont et donc le PP11, l’autre équipe nous avait suivis. Tout va bien. Je ne ferai plus d’erreur, pourtant le cèdre m’a fait gamberger pendant un petit moment.

Parcours CO. La bruine commence à tomber. J’étale la carte. Il faut reporter les balises (azimut-distance), je sors l’attirail, je cherche sur la carte où nous sommes. Les organisateurs n’avaient même pas reporté la case départ. (Les méchants …). Je lève la tête et là je vois le doute bien installé. Il faut vite réagir. J’ai compris (il me semble ?) : Vanessa et Frank ont besoin de concret, ils veulent que notre progression soit la plus vérifiable possible. (tant de kilomètres en tant de temps)
Je propose à Thierry de zapper la CO et de les mener le plus rapidement au prochain PP. Solution retenue. Je choisis un chemin boueux plutôt qu’un chemin très roulant, mais beaucoup plus court. Résultat au PS suivant, on pointe dans les trente premiers. Ouf ! Le moral est revenu, les jeunes reparlent …

Après le PC1 en quittant Coignière, j’ai le sentiment de quitter la civilisation. Les lumières de la ville sont maintenant derrière nous, des nuages plus sombres arrivent sur nous, nous allons rentrer dans le vif du sujet. Le road book annonce « l’entrée dans la forêt de Rambouillet, et on en a pour un bout de temps »

Chose promise chose due. Les complications ne tardent pas à arriver et confirment mon pré-sentiment. La vraie course commence.
C’est un peu comme dans le tour de France cyclisme : Dans les étapes de montagnes, les champions confirment leur suprématie, les outsiders tentent des coups, et nous les « poireaux », nous allons tenter de limiter la casse. Pas de risque, il faut juste terminer dans les temps.
Il fait nettement plus sombre et plus froid (il y a quelques flocons de neige qui volent ou alors j’hallucine ?). Les chemins sont détrempés, boueux, merdiques, … Dès la première intersection (carrefour Royal), c’est le bazar : 2 équipes discutent entre-elles, une autre vient de je ne sais où ? Nous roulons, option par le sud.

J’ai décidé que je ne m’arrêterai plus pour faire des points topo. Je veux rassurer mes co-équipiers, leur montrer que je maîtrise la situation et que l’histoire du cèdre est terminée (elle restera pourtant longtemps à l’esprit).
Nous ne passons pas très loin de la balise bleue (PP17), c’était voulu. On ne sait jamais, un micro climat sur le secteur et nous récupérons 40 minutes de bonus. Nous sommes à la côte 179. Nous avons déjà les pieds dans l’eau. La balise est à la côte 176 à l’intersection d’une rivière et d’un chemin de boue (je ne vous fais pas un dessin). Ça m’étonnerait que « les gentils » organisateurs nous offrent facilement 40 minutes. nous zappons et continuons notre progression vers « la mare aux canes ». Nous croisons un coureur isolé avec son portable et une carte. (Etrange !?).

Ça faisait bien ¼ d’heure que nous n’avions pas rencontré de monde, nous étions seuls à par le coureur (perdu ?) de tout à l’heure. Et là, à l’arrivée sur la mare : C’est le rendez-vous des lucioles. Il y a des frontales partout, elles sortent de toutes les directions. Féerique.

Je crois que c’est à la sortie de cette succession de grimpettes et de secteurs boueux, que Franck y a laissé un morceau de genou. Dès la première partie roulante rencontrée (depuis bien longtemps), il faut se rendre à l’évidence qu’il souffre et qu’il faut abandonner l’idée de trottiner. Nous terminerons ce raid en marchant. D’après nos estimations, nous sommes dans les temps.
A partir de ce moment, Franck va s’enfermer dans un mutisme déconcertant. Il va souvent fermer la marche sans jamais se laisser décrocher. Il va gérer sa douleur, nous délivrer quelques phrases clefs comme « Quelle heure est-il ? » « On est encore loin ? » « On ne sera pas éliminé ? » « Alors, je vais bien ! » Bravo pour ton courage, Franck.

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Le jour s’est levé. L’allure est moins soutenue, on se fait dépasser par d’autres équipes sur les portions plates. A part les problèmes de Francky, le reste de l’équipe a l’air d’avoir plutôt bien supporté la nuit. Nous avions prévu de faire 40 km en 8 heures, il me semble que nous sommes dans les temps. Pourtant vu les circonstances, je me dis qu’il faut tenter un coup. Remonter le moral de l’équipe, les rassurer complètement sur notre progression.

Je propose de zapper le PP20 : nous prendrons 30 minutes de pénalité, mais nous allons gagner un temps précieux et s’éviter quelques grimpettes. Nous nous referons une santé sur un long, très long secteur plat et tout droit. Si nous prenons 2 balises à la prochaine CO, nous récupérons du temps.
Décision du capitaine : « OK ».
Et nous voilà en route direction le PP22 et le PS07. Entre 3 et 4 km seuls (hé oui, c’est un raccourci donc pas d’autres équipes) sur une longue ligne droite interminable.

A l’approche du PS07, j’angoisse un peu « Est-ce que ma stratégie a marché ? ». Je demande à Guillaume d’aller pointer et de jeter un petit coup d’œil sur les temps de passage. Guillaume est en forme, il prend un peu d’avance en trottinant. Au PS 07, il nous attend visiblement content « on est dans les 15 premiers ». Je suis satisfait et je ne suis pas le seul. Nous avons suffisamment d’avance sur nos prévisions (beaucoup trop, vous verrez plus tard) pour gérer calmement notre fin de course. On ira donc à la CO chercher 2 balises et le tour est joué.

Sur notre parcours, nous rencontrons d’autres équipes. C’est une autre planète. Ces équipes ont dans leurs valises des balises bleues que nous n’avons pas. Elles courent pour être dans les 10 premières classées. Nous sommes admiratifs et très honnêtement, nous ne sommes pas à notre place.

Petit pépin avec la nouvelle carte, j’ai des doutes sur le début de la CO. Ce n’est pas grave, nous ne la faisons pas. Nous revenons un peu sur nos pas. Nous prenons encore un raccourci en direction du PC2.

Au PP27, Thierry et Guillaume vont pointer le carton. Francky continue à souffrir en silence. De notre point haut, Franck, Vanessa et moi supervisont les opérations. Les 2 gazelles du moment, dévalent une jolie pente à la recherche de la source. Nous les chambrons gentiment.

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Au PC2, je crois que nous avons 2 heures d’avance sur la barrière horaire éliminatoire. C’est de l’opulence. Il est à peu près midi, il nous reste 5 heures pour faire 15 km C’est jouable. Il me semble entendre à la radio-course que l’équipe « Orient a Font » vient de franchir la ligne d’arrivée. Ce sont qui les monstres ?

Maintenant, je vais vous raconter « comment gaspiller 2 heures »

  • Au PC 2, prenez votre temps.
  • Discutez avec les organisateurs.
  • Discutez avec les promeneurs.
  • Installez-vous sur un tronc d’arbre, pour changer de chaussettes (nous en avons dans le sac donc nous les changeons, CQFD), de tee-shirt, etc.
  • Faites des photos
  • Mangez, buvez, plaisantez.
  • Regardez les autres équipes qui passent et qui ne s’arrêtent pas. (Tiens, nous sommes les seuls à faire une pause ?)
  • Faites un peu d’étirements, mais pas trop.
  • Bref en une ½ heure, foutez en l’air toute la stratégie que vous avez suivie avec rigueur pendant 12 heures.
  • Et le pire reste à venir.

Sur ce coup, nous sommes tous fautifs, et nous n’avons aucune excuse (sûrement le manque d’expérience ?)

Bon après la fiesta, la caravane repart mais pas pour longtemps. Eh oui les Dugenous, il fallait y penser avant, qu’est ce que l’on croyait ? Après 12 heures d’effort, on fait une grosse pause, et on repart comme si de rien n’y était ? Pauvres naïfs que nous sommes.

Après 10 minutes, c’est la catastrophe ! Dès que Vanessa pose le pied, elle pleure. Franck est vraiment à la peine et toujours aussi silencieux. Guillaume et Thierry ont l’air d’aller.

Nous sommes au milieu de nulle part, dans un champ patates labouré par une horde de bisons. J’ai froid, et très sincèrement je ne sais pas ce qu’il faut faire. Faut-il abandonner ? Oui, mais où ? Faire demi-tour et retourner au PC2 ou rejoindre le PS9 comme on peut et abandonner là-bas ?
Vanessa ne va vraiment pas bien, et pas un seul chemin praticable à l’horizon.
- « Dominique, combien reste t-il de kilomètres ? »
- « Il reste environ 15 bornes, Vanessa. Et je te promets de trouver le chemin le plus court et le plus propre jusqu’au PS9. On fera le point la-bas ».
- « Il est hors de question, que j’abandonne à 15 kilomètres de l’arrivée »
Bon un problème de plus : Notre féminine est une tête de mule. Je viens de faire un petit pointage : 1 kilomètre en 1 heure. A cette allure, nous sommes à Hanches demain matin. Encourageant !

Heureusement, cette équipe a des ressources. Je ne sais pas ce que Thierry et Guillaume ont fait ou dit à Vanessa, mais nous avons progressé un peu plus vite. Elle nous disait qu’elle allait mieux (mensonge ?). Elle méritera bien la surprise que Thierry promène dans son sac.
Vu la démonstration de courage de Vanessa et Franck, on se devait de respecter leur décision : Allez au bout !
Nous laissons de coté le PP28, mais nous ramassons le PP30 après un sprint de Thierry dans un champ. Nous avons quitté la forêt, maintenant ce sont des champs, et nous faisons face au vent. Heureusement, les nuages se sont levés, il y a un peu de soleil.
Nous arrivons au PS9 , il reste moins de 10km.
Nous continuons « si on n’abandonne pas à 15 km de l’arrivée, encore moins à 10 km ». CQFD

Ce n’est plus de la volonté, c’est de l’obsession.
On traverse une succession de champs par des chemins de terre (ou plutôt de boue). On longe un talus particulièrement pénible. Plus personne ne parle, nous sommes concentrés sur la fin de course.
« TENIR ! »
Je commence à souffrir de la plante des pieds, j’alterne le trot et la marche pour les soulager.
Apres la butte, nous allons descendre vers Hanches, nous commençons à apercevoir des habitations. Nous n’arrêtons plus Vanessa, elle est devant avec Guillaume.

Enfin, le clocher de Hanches. C’est beau un clocher surtout celui là. Nous avons pris le soin de sortir les portables et de commencer à appeler nos familles et nos copains, « On y est presque, on a réussit, nous sommes dingues mais on aime ça ! »

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Le PP33 est interminable, on contourne Hanches, j’ai l’impression que c’est une ville immense. Il est où le clocher ? Je ne le vois plus !
Tiens un feu tricolore, quelqu’un de l’autre côté me fait de grands signes. Je ne le connais pas ce mec !
Ah si, c’est Denis ! je ne l’avais pas reconnu, je dois être fatigué.
Il est 16h 00 (je crois) l’équipe est complète.
On se regroupe sous le panneau « Arrivée » puis sous le portail gonflable. David, Frédéric et Denis sont là pour nous accueillir et nous féliciter. Je suis heureux d’être arrivé. L’organisation nous fait apporter un bol de soupe. C’est un régal !

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Thierry sort de son sac une médaille que l’on avait bricolée la veille. C’était pour féliciter Vanessa de sa performance, on ne savait pas que l’on récompenserait aussi son courage et sa volonté.
Même chose pour David, une petite médaille pour le remercier de son aide et de nous avoir supporter dans notre défi. Dommage, on ne connaissait pas Frédéric, car il aurait bien mérité aussi une récompense.

Les organisateurs nous proposent la douche ou le repas pour commencer. On choisit la douche mais on continue à traîner autour de l’arrivée. Nous nous félicitons, congratulons, nous racontons notre exploit et nos galères, nous fanfaronnons : Bref, nous apprécions notre performance.
Maintenant, il faut revenir à une vie normale. D’hommes des bois, nous redevenons hommes des villes. Tout s’enchaîne (beaucoup trop vite, sûrement …)

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Pré-lavage au jet dehors, avant la douche
Douche chaude
Hypoglycémie du capitaine sous la douche. Un coca et ça repart.
Soin des pieds. Que 3 ampoules, mais des plantes de pieds bien abîmées par un séjour prolongé dans un milieu humide. Beurk !
Encore un petit coup de fil à nos épouses. « C’est fini, nous sommes fatigués, heureux et vivants. On rentre dès que possible »
Direction la salle des fêtes, je n’ai pas très faim mais j’ai envie de champagne. Ça tombe bien David à ramener 3 bouteilles.
Nous trinquons au raid28, à nous, avec nos copains et un organisateur.
Nous reviendrons à l’édition 2004. refus catégorique de notre capitaine. Nous avons 6 mois pour lui faire changer d’avis.
J’ai perdu de vue mon pote Jean-Philippe, ce n’est pas grave j’apporterai les trappistes au travail. Nous trinquerons mardi.
Retour sur Plaisir : avant de monter dans le 4x4 de David, dernière petite course de lenteur entre Franck et Thierry. Pas facile de les départager.

Ce que j’ai aimé

  • Notre performance.
  • La façon dont a abordé cette épreuve. (Insouciance ?). Nous avions défini les grandes lignes de notre stratégie et puis nous avons joué avec la course en essayant de s’adapter au mieux. C’était un jeu.
  • Le courage et la volonté de Vanessa et de Franck
  • La tête bien faite de Thierry qui a su gérer les moments critiques et prendre les bonnes décisions pour emmener son équipe au bout du défi. (Croyez-moi, ce n’est pas facile d’être capitaine)
  • Le physique et la sérénité de Guillaume. Il a été d’une discrétion étonnante et pourtant il a été omniprésent dans les moments difficiles.
  • Le raid28 et son organisation impeccable

Ce que j’ai détesté

  • Cet enfoiré de P**** de M**** de Cèdre. La prochaine fois j’emporte une hache.

L’orienteur de la Monster Truck Team

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Franck BARRANCO "Gazelle"- Guillaume BEZOS "Gazelle"- Vanessa MOREAU Feminine - Thierry BONDERFF Capitaine - Dominique BROYART Orienteur

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Sortie entrainement sur extrait road bock raid28 2001
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sortie autours de Plaisir
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Classement raid28 2003
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Compte Rendu de Thierry le capitaine
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Compte rendu de Franck

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