Les insus - tournée 2016

Attente Insu-portable pour un coup de téléphone !

Aujourd’hui est un autre monde dans lequel la bombe humaine rend l’argent trop cher …Alors, au coeur de la nuit, J’ai rêvé que Cendrillon voulait bien venir à New York avec moi, toutes les nuits déconner, mais j’ai rallumé l’électric-cité, et le jour s’est levé sur cette étrange idée. J’ai finalement pris le métro, c’est trop. Je me suis arrêtée au guichet, contreplaqué, aggloméré, j’ai parlé dans l’hygiaphone sans cracher mon venin, j’ai dit au gars, oublie ça et donne moi de ton amour…Car ça, c’est vraiment toi !


Ceci est un tout petit résumé des nombreuses chansons jouées par le groupe Téléphone au siècle dernier. Et au siècle dernier, comme toute adolescente qui ses respectait dans les années 80, j’écoutais Téléphone en boucle. J’aimais absolument tout ce qu’ils proposaient.
Avec Indochine et Cure, ils étaient les seuls artistes dont je possédais tous les albums vinyle en version 33 tours (eh oui n’oubliez pas, à l’époque, le vinyle était notre religion, et le DVD n’était même pas sous forme d’embryon !).

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J’aimais guetter chez le disquaire de Chatou, l’arrivée de leur nouveau bébé, découvrir la pochette, où je les trouvais incroyablement rock et sexy. C’était le groupe phare Français Number one et incontournable, Ils étaient alors nos états d’âme, notre rebellion, nos évasions.

J’aimais accrocher leurs posters dans ma chambre, trouvés dans Salut magazine ou Rock and Folk.

J’aimais regarder les enfants du rock à la télé pour les voir bouger, chanter, en clips, en live.

J’aimais autant Aubert, que Bertignac, que Kolinka, j’aimais Corinne aussi dans ses pas de velours avec son chat.

Et surtout, surtout, je rêvais d’aller les voir en concert.

Malheureusement, un peu trop jeune lors de leurs tournées, j’attendais patiemment de vieillir pour aller les découvrir au Zénith ou au firmament, on imaginait qu’ils étaient alors éternels, que nous aurions le temps, la vie pour aller les voir sur scène ! Mais un divorce trop précoce, une séparation de ces 4 doigts de la main, et pouce, on arrête.

Téléphone n’est plus.

Frustration, déception, je ne les verrai donc jamais pour de vrai, en live. Je me fais à l’idée, et découvre d’autres artistes, me nourris d’autres musiques, sans jamais les oublier vraiment. D’ailleurs comment oublier Téléphone, quand, dans les soirées, dans les boîtes, les titres cultissimes déchainent le dance floor, ça c’est vraiment eux dans un autre monde !

Le temps passe, nous vieillissons, je vieillis, ils vieillissent.

2015, déjà ??!!

Je tombe au hasard sur une information qui ne met pas en colère, mais presque. Le groupe qui s’est produit au Point éphémère sous le nom des Insus, serait Téléphone !
Le rêve était devenu réalité, et je suis passée à côté. Mais comment ont su les autres, ces heureux privilégiés, je déteste ces gens qui savaient, ou qui ont pris leurs billets un peu au hasard. En plus, c’était un « One shot », donc l’espoir qu’ils se soient reformés pour faire une tournée n’a pas l’air au programme. Cela frise l’Insu-rection (oui, ok , elle est facile celle là !).

2016,

La rumeur est lancée, les Insus reviennent en force pour une tournée nationale !

Nous nous précipitons, fébriles, pour acheter nos places pour le concert de juin à Paris, dès l’ouverture des billetteries. Évidemment, nous ne sommes pas les seuls, la connexion est compliquée, ça mouline dur.

Et quand apparaît enfin la ligne magique pour la réservation, il n’y a déjà plus de places en vente, tout a été raflé par les autres encore, ces autres que je déteste une fois de plus !

Je me résigne à l’idée que nous ne les verrons jamais en concert.

Puis, le miracle.

Finalement, la tournée continue, s’amplifie, avec de nouvelles dates, deux soirs à Bercy en octobre, juste avant mon anniversaire, c’est un signe, et, cette fois-ci c’est la bonne !

Je me connecte à la première minute, je clique, je clique, vite, ma carte bleue, vite ! Je valide…Et ce fameux message qui apparaît enfin sur l’écran, « pour imprimer vos billets, c’est par ici que ça se passe ». Nous avons nos précieux sésames pour assister enfin à leur concert.

Vendredi 21 octobre 2016 – Accorhôtels ARENA Bercy
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Nous y sommes. Afin de profiter au maximum de la soirée, nous avons même réservé une chambre à l’hôtel Ibis à deux minutes à pied des pentes herbues de Bercy.

Après une bonne petite bière en compagnie de Marlène et de son chéri dans le parc attenant, c’est légers et juste munis de nos jolis tickets, que nous pénétrons dans l’arène.

La foule est cosmopolite, beaucoup de jeunes quinquas comme nous, mais aussi des familles, quelques gamins, des ados. Nous prenons place dans les gradins.

La première partie plutôt orientée orientale, serait sympa, mais le son n’est vraiment pas bon, et gâche un peu la prestation. En espérant que la suite sera améliorée pour les Aubert and Co !

Puis, enfin, Aubert, suivi de ses acolytes Bertignac, Kolinka et leur petit nouveau Alexander, arrivent sur scène.

Foule en délire, les quinquas ont tous 15 ans, j’ai 15 ans, debout, hurlant, nous acclamons Téléphone. Oui, il ne faut pas se la raconter, les Insus, je ne connais aucun titre de ce groupe, par contre, Téléphone, là, c’est une autre histoire !

Ils enchaînent avec une fraîcheur incroyable, pas un titre ne m’échappe, pourtant je n’ai rien révisé, tout revient à ma mémoire, des souvenirs par milliers, douce adolescence !

Ils s’éclatent, sont complices, joueurs, échangent leurs guitares, ils sont juste heureux d’offrir ces retrouvailles à leur public. Jean-Louis et sa puissance vocale, Louis et sa douceur canaille, Richard et ses baguettes qu’il fait virevolter à l’envi. Eux aussi ont certainement retrouvé leurs 20 ans, et leur plaisir est contagieux.

Je chante, haut et fort, je crache ton venin, je sonne à l’hygiaphone, je lis les faits divers, tout explose sur la bombe humaine, qui, depuis le Bataclan résonne tout autrement..

Les tubes défilent, le public est à l’unisson, un mur d’amour sans dure limite s’est dressé, Cendrillon est toujours la plus jolie des enfants, et, même si l’argent est trop cher, la vie, elle, n’a pas de prix !

Après plus de 2 heures de folie, un monde bien rond et coloré rebondit dans la foule, il vole, se pose, puis repart, passe de main en main, l’image fort belle d’un autre monde, en paix.

Il est temps de les laisser, de leur dire aurevoir et merci. Merci pour ce retour dans nos années rebelles, teintées un peu de nostalgie, mais surtout merci d’avoir autant donné et partager avec leur fidèle public depuis 40 ans !

Messieurs, revenez quand vous voulez, gardez cette énergie incroyable et cette présence sur scène, nous vous avons attendu patiemment, pas loin de 35 ans, et nous sommes heureux d’avoir eu cette chance de vous revoir en live.

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