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Premier championnat de pétanque – Doublette mixte – Le Vésinet 2010

Je crois que j’ai toujours aimé jouer à la pétanque.
Petit, je me languissais de ces repas familiaux qui se terminaient très souvent par une partie de pétanque.Deux grandes équipes se formaient alors et chacun tentait d’approcher le bouchon dans la bonne humeur. On y riait de bon cœur, se moquait gentiment, perdions un temps « fou » à chercher et reconnaître les boules, et, bien malin celui qui comptait les points et savait qui jouait avec qui dans ce joyeux capharnaüm.

Je surveillais attentivement la partie et parfois même, j’obtenais l’immense privilège de jouer avec « les grands », d’envoyer une boule ou deux que l’on voulait bien me prêter.

Je me souviens encore comme si c’était hier, d’une boule que j’avais fièrement hissée sur un petit monticule tout près du cochonnet. Elle dominait la partie, j’étais fier. Tour à tour, elle résistait aux assauts, aux feux croisés de nos adversaires, nous avions le point, j’avais le point.
Le bastion était imprenable, c’était mon moment de gloire jusqu’à l’intervention de mon cousin Marcel, qui ruina mes illusions sur un tir qui aurait du rapporter « gros ».

Plus tard encore, la pétanque est venue plus présente, de spectateur assidu, je suis devenu acteur des incontournables concours de camping. J’ai découvert alors que ce jeu de boules pouvait être impitoyable.
Un jour où j’avais insisté auprès de mon père, et le tirait de sa sieste pour participer Au traditionnel concours hebdomadaire, le hasard nous avait désigné une équipe locale.
Ils avaient osé nous affirmer, qu’ils étaient tout comme nous, des joueurs occasionnels. Ils nous avaient massacré sans vergogne.
Inlassablement, le tireur répétait le même rituel. Un peu comme un salut militaire, il portait la boule au front, puis la lançait sur sa cible. A chaque fois, le même bruit des boules qui s’entrechoquent, et le même résultat. « Carreau en place » Nous étions impuissants et proches de la Fanny..
Sur un ultime tir, un contre « heureux » est venu placer le petit dans nos boules sauvagement agressées et réfugiées au fond du cadre. Nous avions 5 points, notre honneur était sauf.
(Morale enfantine : La gourmandise et le mensonge ne payent pas).
J’ai passé l’après midi à observer ce « tueur de boules » , et le reste de mes vacances a reproduire ces faits et gestes.
Désigner la boule, porter la main au front avec la boule et tirer …

… et d’en conclure malheureusement que l’efficacité ne résidait pas dans ce cérémonial.

Mes parties de pétanque étaient donc rares et toujours empreintes de bonne humeur et de soleil. Quand l’occasion se présentait, je ne manquais pas d’aller d’observer quelques parties au hasard de mes promenades. J’étais admiratif de ces talents, de cette régularité.

J’étais plus, un simple curieux qu’un pratiquant acharné jusqu’au jour où Michel, Gilles et Eric, mes collègues de bureau, sont venus me proposer une partie de pétanque pendant la pause-déjeuner.

A leurs questions concernant mon niveau, je leur avais affirmé que je savais jouer et que j’étais plutôt tireur.
Nous avions bien ri (surtout eux) de mes tirs forts et rasants, qui se caractérisaient le plus souvent par le bruit sourd de mes boules sur les planches qui délimitent le terrain.
Le constat fût terrible, je ne savais pas jouer, et j’avais tous les symptômes du virus de la pétanque.

A l’aide de leur précieux conseils et de leur patience, j’ai appris et alors découvert un jeu passionnant, fait de subtilités qui échappent le plus souvent aux quidams.
Nos parties devenaient plus acharnées et notre petit groupe se mit à grossir. Quatre, puis 10, puis vingt jusqu’à 50 joueurs qui s’affrontaient tout au long de l’année pendant la pause déjeuner. Eté comme hiver, aussitôt un sandwich avalé, nous lancions les boules.

Devant ce succès de participation, j’avais même instauré le challenge de la sandale d’Or (en hommage à Jean-Louis et ses célèbres sandales et surtout premier vainqueur).
Toutes les parties étaient comptabilisées, tous les scores enregistrés et un « savant » programme informatique récompensait l’assiduité et la performance. Quelqu’un qui prenait le risque de jouer souvent mais gagnait peu, était toujours mieux récompensé qu’un bon joueur peu présent.

De parties en parties, les progrès ne se firent pas attendre, mes gestes sont devenus plus fluides et mieux maîtrisés. Plus précis, de piètre pointeur, j’étais devenu un tireur plus redouté.
Je jouais pratiquement tous les jours, une à deux heures à essayer de frapper les boules quelque soit la distance.
Mes efforts étaient parfois récompensés par quelques beaux résultats dans des concours « open ». Le rugby me prenait déjà beaucoup de temps, et je résistais aux quelques sollicitations de prendre une licence.

Après avoir mis la pétanque en sommeil pendant de longues années suite à un changement d’activité professionnelle, aujourd’hui, grâce ou à cause de Sandrine, me voici licencié et prêt à disputer mes premiers championnats départementaux en doublette mixte.

2010_petanque_vesinet_mars_800x600_005Pour nous préparer à ce grand « rendez-vous », nous affrontons le froid tous les WE depuis le début janvier. Moi qui ne suis habitué qu’à jouer l’été à l’ombre des pins parasols, j’avoue que l’apprentissage est difficile. Notre niveau s’en ressent et c’est donc avec beaucoup de modestie et d’humilité que nous débarquons sur les terrains du Vésinet.

Environ 150 équipes sont attendues ce samedi après midi, et rien n’est laissé au hasard. Les équipes sont réparties en poules de 4. Il faut deux victoires pour sortir des poules et continuer la compétition, deux défaites assurent un retour à la maison et une victoire, une défaite ouvrent le droit à un match de barrage contre l’autre équipe qui comptabilise elle aussi le même résultat.
Nous sommes l’équipe 46 et les terrains 7 et 8 nous sont attribués pour disputer les matchs de poules.

Je redécouvre cet univers et le spectacle est étonnant.

2010_petanque_vesinet_mars_800x600_001Imaginez un terrain de football stabilisé, réquisitionné pour l’occasion, quadrillé et numéroté comme pourrait l’être un marché. Un peu comme ces commerçants, chacun occupe sa parcelle, en scrute les défauts du terrain, envoie quelques boules pour en étudier la souplesse, repérer les cailloux, …

Tout ce petit monde s’échauffe à sa façon. Les clubs se regroupent, se retrouvent, s’encouragent, discutent et surtout attendent le début officiel des parties.
Un léger brouhaha se soulève du terrain, une légère effervescence s’amplifie au coup de sifflet.
Les adversaires se souhaitent une bonne partie et un silence impressionnant remplit soudainement l’espace.

Chacun est maintenant dans sa partie, attentif au jeu. Les équipes se jaugent, évaluent leurs adversaires et tentent de déceler leurs points faibles.

2010_petanque_vesinet_mars_800x600_004Chaque geste est épié, disséqué, analysé … Les partenaires se concertent à voix basse, s’encouragent, se félicitent à chaque boule jouée. la partie s’installe. La stratégie s’adapte au fil des points.
On varie la distance (toujours entre 6 et 10 mètres).
On joue proche des lignes pour éventuellement éliminer des boules, ou annuler la partie plus facilement en cas de danger.
On choisit de placer le petit selon les faiblesses de l’adversaire, et lui rendre la pointage plus délicat (: portée, semi portée, ou parfois roulée)
On adapte le jeu selon les droitiers, les gauchers, les tireurs, les pointeurs, …
On place les boules selon le contexte, devant, derrière, cachée, protégée, suffisamment proche pour prendre le point, mais pas trop pour éviter le tir …

La pétanque est non seulement un jeu d’adresse, mais aussi de stratégies où le mental est un allié indispensable.

Nous avons hérité d’une première équipe réputée et redoutée. Sandrine et moi peinons à rentrer véritablement dans la partie et le score est sans appel. 13-2
Nous devons désormais absolument gagner la seconde partie pour espérer rester un peu plus longtemps.

Nous battons plus facilement la seconde équipe d’un niveau plus faible. C’est avec beaucoup d’application et de sérieux que nous alignons pour la première fois de l’année 13 points. Nous nous offrons un match de barrage qui s’annonce palpitant.

Malgré un début catastrophique, les premières mènes sont équilibrées. Nous nous rendons coups pour coups pour atteindre un 5 – 5 indécis.
Sandrine pointe de mieux en mieux et je commence à être concerné par le tir.
2010_petanque_vesinet_mars_800x600_003Finalement, la partie basculera sur un coup du sort. Je suis déconcentré sur un tir important (le premier trou de la partie). Je m’agace de cette précipitation. Insiste sur un second tir qui se soldera aussi par un échec, et me sortira complètement de la partie.

Nous sommes éliminés sur le score de 13-5. Dommage, il y avait la place pour mieux faire.

Notre club est venu en nombre et nous décidons de rester pour encourager nos copains encore en lice.
N’allez pas croire que le supporter de pétanque ressemble aux supporters de foot, ou de rugby …Il est beaucoup plus calme et discret. Il parle à voix basse, évite les mouvements brusques pour respecter la concentration des joueurs, s’abstient des commentaires faciles « Pourquoi, tu tires pas ? ». Parfois de simples « bravo » ou un clin d’œil s’échappent.

Il est 21 heures, certaines parties ne sont pas encore terminées. La suite des championnats reprendra dimanche matin, et se clôturera dimanche après-midi par la finale.
Nous décidons de rentrer, et de retourner dès dimanche à l’entraînement.

Merci au club des Clayes sous bois pour vos encouragements et conseils.
Merci Gégé pour toutes les photos

[Le reportage photos de Gégé->http://usmcpetanque.e-monsite.com/album-cat-1-162024.html]